mardi 23 mai 2017

ESPASMES



Le vent, au loin, fleurit
Dans le pollen des rumeurs.
Les darboukas habillent nos vertiges
De pagnes et de papillons.
La muse, dans les bras d’Eole,
Edifie un pont de guitares,
Entre nos systoles et diastoles.
Un paon floral,
Possédé par la coquetterie du lierre,
S’élance dans les vapeurs montantes
D’une musique
Où se multiplient les étoiles,
Dans le sel luisant,
D’une eau complice.

© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"

La photo est d'Arthur Szygulski

samedi 13 mai 2017

Complicité !


Palestine oubliée !
Palestine meurtrie !
Palestine trahie !
Les balourds sourds à tes cris
T’ont, vils, volé tes rêves,
Les veines des sillons
De tes jours et tes nuits !
Ils t’ont vendue
Aux chaînes de Sion,
Au plus bas prix !
Ils prétendent te protéger,
Morte, figée,
Dans les linceuls de leurs paradis mensongers
D’affreux bègues bigots meurtriers !
Ils disent qu’ils n’ont pas le temps
De venir à ton secours,
Et prétendent transmettre,
En chiens qui s’excusent, en traîtres,
A tes assassins, leurs maîtres, tes recours !
Ils écrivent que pour toi ils prient !
Alors ils crient « Plie, tais-toi et survis,
Dans ton exil, cela te suffit ! »
De ton nom sacré, Palestine,
Ils font fonds de commerce !
Dans les nuits de leurs bals cannibales,
C’est tes Bouraqs étoilés d’amour, de paix
Et leurs élans affamés,
Assoiffés, désarmés
Qu’ils transpercent de balles
Et dards complices des sionistes surarmés !
Ils leur montrent, la nuit, en prostitués,
La chair nue de tes oliviers
Qu’ils leur recommandent de tuer !
Ils leur indiquent les cartes des étincelles
Du retour de tes orangers incendiés sans ailes !
Ils leur vendent tes enfants bannis,
Tes rêves et épopées traqués parqués,
Dans les nuits ensanglantées des taudis
Emprisonnés sous les murs qu'ils ont bénis!
Qu’ils soient à jamais maudits !
Palestine oubliée !
Palestine meurtrie !
Palestine trahie !
© Mokhtar El Amraoui in "Nouveaux poèmes"

mercredi 10 mai 2017

Nelson Madiba Mandela!


Quand le chant retrouva son oiseau,
L’espoir, récitant ses couleurs,
S’éleva, juste,
Sur son sommet de lumière !
Nelson Madiba Mandela,
Tu offris les bras de tes nuits,
Tes longs jours de silence
Criant de vie
Contre les murs de la haine,
Contre l’enfer du mensonge et de l’oubli !
Tes mots reprirent le cours de leurs cieux
Pour s’envoler en pas sûrs,
En chemins pour tous les yeux
Assoiffés de bonheur possible.
Tu vainquis l’arme des séparations.
Elle fondit, au feu de l’amour,
Sous les chaudes larmes
Des retrouvailles, en mains éclairées
Des rires multicolores de chansons
Pour tous les enfants,
Dans les jardins fleuris de nouveaux horizons !


© Mokhtar El Amraoui in " Le souffle des ressacs"

vendredi 5 mai 2017

ICI

Anne Marie Ziberman
 
 
Ici, 
Toujours ailleurs ! 
Dans le nid de tes voix, 
Comme tes lèvres en poisson, 
Sur la lame de l’horizon 
Et le soupir d’un arbre 
Aux ombres fruits. 
Ils sourient à l’hirondelle 
Qui danse dans tes clins d’œil !
© Mokhtar El Amraoui in «Le souffle des ressacs»
 

lundi 1 mai 2017

Renaître



Que chantent tous les cieux
Leurs feux de danses,
Transes de nos renaîtres 
Aux bains de voluptueuses fragrances !
Laissons germer,
En douces lèvres,
Nouvelles mélodies,
Nos mots assoiffés de vie,
Nos ascensions en caresses
Vêtues d’étoiles,
Pour chasser, de leur rire floral,
L’obscure détresse,
Pour ouvrir les nouvelles pages
De nos jardins criant,
Au creux de nos cœurs,
Les grains rêvant
De sillons d’amour
Invitant, dans leurs profondeurs,
L’éclosion des lumières
D’un possible bonheur !

© Mokhtar El Amraoui in «Le souffle des ressacs»

mercredi 12 avril 2017

SENTEUR DE COURBE


Giuseppe Arcimboldo


Juste un doigt sur la buée
Pour faire courir un arbre.
Une courbe est toujours
Une senteur à venir
Un saut élastique d’azur
Dépliant son accordéon de fleurs
Et le frémissement d’un appel
Qui te prend dans son sein mielleux !

© Mokhtar El Amraoui in «Le souffle des ressacs »

jeudi 6 avril 2017

PALESTINIENNE!

 
Je suis Palestinienne !
Bergère des foudres !
Chaque seconde, j’enfante 
Tous les millénaires de ma terre
Que je reprendrai,
Dans l’insaisissable lumière 
De mon ventre céleste,
Intarissable source des poings
Qui broieront les ténèbres 
De vos lâches feux d’assassins !
 
© Mokhtar El Amraoui in " Nouveaux poèmes"