dimanche 14 janvier 2018

L'emmurée


Derrière ce mur tout blanc,
Je devine la nuit de tes lèvres,
Le voyage de ton désir ligoté
Dans ta langue enflammée
Qui éclate dans le fracas
De ton appel que tu ravales,
Au creux des cris de tes supplices !
Murs ! Murs ! Murs ! Murs !
Naissance de soleils arrêtée !
Derrière ce mur tout blanc,
Dans ta nuit ambulante,
Tu deviens, impuissante,
Paquets de marbres,
Silences, peurs et soumissions !
Derrière ce mur, bien loin des arbres,
D’autres murs, sous terre,
T’enserrent, t’enterrent
Dans les spirales, tout en vaines prières,
De tes silences de momie !
Bouquets de braises endormies
Que seul le souffle de l’amour, ma belle,
Pourra rallumer en une infinité d’ailes !


© Mokhtar El Amraoui in "Arpèges sur les ailes de mes ans"

dimanche 7 janvier 2018

ROSES NOIRES


Tu es là, 
Pourtant, tu ne l’es déjà plus !
L’as-tu jamais été ?
Les épines crient sous la lune.
Ma main épouse le bateau qui s’en va
Vers ses poignées de poussière
Enterrant les échos des promesses d’hier.
Les roses noires
S’essoufflent à gravir le sang du matin.
Seules nos ombres
Dessinent encore
Nos chants morts
Qui sombrent,
Dévêtus de tout leur or !
Tu es là,
Pourtant, tu ne l’es déjà plus !
L’as-tu jamais été ?
Sur mes lèvres, pour m’embrasser,
Sans lumière ni lendemain,
Vient se poser la feuille du vent
Qui arrache, en les embrasant,
Les roses noires sans parfum
De ce qui fut notre sublime jardin.

© Mokhtar El Amraoui in «Le souffle des ressacs»