mercredi 24 janvier 2018

Ciel froissé

Tableau de Felix Valloton

Je ferai de toutes tes lettres, 
Un long chemin de rêves,
Pendant mes longues heures d’insomnie 
Où les nuages multicolores miaulent de morts
Et de pluies noires qui crachent leurs agonies
En ventres flottant de sachets noirs !
La lune en haillons et cicatrices fouille les poubelles
Et croque à dents perdues,
Comme une vieille folle,
Les restes pourris d’un crâne de veau d’où s’enfuient
De timides asticots !
Le ciel froissé des fumées de la cimenterie
Vomit ses herbes de cimetière
Dans la musique d’interminables flaques d’urine
Et de longs boyaux de vaches et de moutons
Bourrés de crottes luisantes
Bouse aussi,
Paille ensanglantée,
Seules, bijoux de nuits !
Les étoiles brillent, sournoises, sonores
Comme des couteaux de braqueurs,
Sur la chair d’interminables verres chancelants
Et ta carte tirée sera, encore une fois, la dernière !
L’ex-diva de la ville se regarde
Dans le miroir de la grande surface
Auquel elle raconte son amour parti,
En dodelinant de la tête entre les rayons
Des sous-vêtements et des macaronis !
© Mokhtar El Amraoui in "Le souffle des ressacs"

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